Voici mon retour d’expérience pour le BMW marathon de Berlin 2017.
Au menu: l’aspect logistique, la course, la ville (et son histoire).

De ce week-end, je retiens deux choses: suivre le marquage bleu et courir avec le haut du corps (moteur vertébral). On en reparle après 🙂 .

Notre arrivée à Berlin

Le samedi peu avant 13:00, nous arrivons à l’aéroport de Berlin.
On file à notre hébergement en empruntant un bus (ligne TXL) qui nous déposera à une station de métro. Le métro berlinois est aussi bien fait que celui de Paris. Pour nos trois jours, nous achetons la welcome card; un pass qui nous permet d’utiliser (sans limite) tous les moyens de transport collectif de la ville. Commandez préalablement sur internet!! Sinon vous risquez d’attendre au guichet de l’aéroport une fois sur place.
Nous arrivons ensuite au village expo afin de retirer nos dossards. Le contrôle est strict (je ne crois pas qu’on puisse retirer un dossard pour un tiers). On nous passe un ‘bracelet’ scellé à notre poignet qui nous servira à passer les contrôles de sécurité le jour de la course.
L’après-midi passe rapidement. Nous mangeons vers 19:30 (pour avoir une bonne nuit de sommeil).

Le matin de la course

Le réveil se fait à 06:30. Bien dormi, j’avale une première banane et un cake fait maison (par notre rafale Francisco). Je suis détendu, plutôt confiant. Cette prépa marathon m’a mis dans de bonnes conditions pour affronter cette distance mythique. Mon objectif initial est de 3h30. Depuis quelques jours, je discute, j’échange avec le groupe. On m’encourage à être plus ambitieux. Les données objectives de mes sorties (et le semi de Lille) leurs donneraient raison. C’est mon troisième marathon et je suis venu à Berlin pour encore prendre de l’expérience. Décision est prise de me mettre en mode 100% course. Au fond de moi, je sais que j’ai les jambes pour un 3h20.

Le décollage a lieu à 07:30 direction la station de métro Brandenburger tor. On arrive face à la porte de Brandebourg puis longeons le reichstag.
Un premier filtre pour entrer dans la zone ‘coureurs’; le bracelet est contrôlé à ce moment. Nous avons vu une coureuse se voir refuser l’accès (car ne l’avait plus).

Comme pour Paris, les consignes sont bien organisées. Mais il y a tellement de monde que j’ai perdu le groupe après y être passé. J’ai donc fait seul mon échauffement (sereinement); pas eu le temps d’échanger les derniers encouragements 🙂

Le départ a lieu à 09:15 pour la première vague. Il y a bien plusieurs sas afin que les coureurs soient regroupés par niveau mais la course est lancée en 3 vagues. La première vague regroupe les sas moins de 3h30. Les deux vagues suivantes: « 3h30/04h00 » et « 04h00+ ».
Le ciel est gris. La température est bonne (environ 15°C).

Mon équipement

Au fil des courses (sur route), je sais que je dois être le plus léger possible.
Vêtements: merrell bare acces 4, short kalenji, débardeur nike, buff autour du poignet.
Accessoires: montre suunto (avec ceinture cardio), flipbelt, smartphone.
Ensuite, ce sera gels énergétiques et sporténine (pour les crampes).
Je me ‘nok’ les pieds (pour éviter les ampoules) et pansements sur les tétons (le temps sera humide).
Les 3 jours qui précèdent la course, cure de malto. Je fais le plein d’énergie.

La course

Je passe un second filtre puis prends place dans le sas des 3h15/3h30. Sac poubelle pour rester au chaud, j’attends le top départ (10mn).
09:15 : C’est parti. Il y a beaucoup de monde. On se retrouve à dépasser des coureurs qui ne sont pas dans les bonnes allures. Contrairement à ce qu’on nous laissait entendre, ce n’est pas si fluide que ça. Pour ma part, ça sera 4’45/km. Les meneurs d’allure des 3h15 et 3h30 ne feront pas l’affaire. Je dois me débrouiller seul, livrer le combat seul. Les premières petites gouttes tombent rapidement.
Jusqu’au 8ème kilomètre, tout va bien. Ensuite, je ressens une ‘tension’ au tendon d’Achille. Je sais qu’au k11, Pascale et Laurent (nos accompagnateurs) nous attendent. Pascale est kiné (clinique du coureur). Le doute s’installe (un peu). Est-ce que je m’arrête pour avoir son avis? Mais rapidement, pour me soulager, je pense au light feet running; et plus particulièrement au moteur vertébral. Je n’avais eu aucune alerte pendant la prépa. Je pense donc à un défaut sur ma foulée. Focus donc sur le bassin et la ligne d’épaule. L’ouverture de hanche également. Je porte donc une attention particulière à la partie haute du corps (et j’essaye d’oublier que j’ai des jambes). K8, K9,K10 passent.Indéniablement, cela me soulage. J’arrive à maintenir le rythme et au bout de 4 kilomètres, ce n’est plus que du passé. Aussi tôt dans la course, j’étais inquiet. Le K11 sera donc un simple coucou à nos soutiens 🙂

En vérifiant mes temps de passage (à l’aide de mon bracelet pense-bête), Je vois que je suis en retard de 20″ au K5 (au passage des portes); et 20 de plus au K10. Pourtant je suis dans la bonne allure. Je m’apercevrai plus tard de l’importance des marquages bleus au sol…
Sur ma montre, je passe le semi en 1h40. En réalité, je passe la porte en 1h41’17 ».

A part les temps de passage, je suis satisfait du déroulement de la course.
K9 et K19: j’avale un tube de gel énergétique.
K5 et K15: sporténine.
Pour l’hydratation: tous les 5km (Il y a même plus de ravitos).

N’ayant pas de lièvre, j’essaye de trouver un ou plusieurs coureurs qui pourraient m’aider à garder le rythme. Même si les voyants sont au vert, j’éprouve le besoin d’avoir un repère. Finalement, je ne trouverai pas ce que je cherche. Personne ne semblait régulier autour de moi.
Je passe le K25 plutôt frais.
K27/28/29: première baisse de régime. Les muscles (ischios et fessiers) donnent des signes de fatigue. La prise de sporténine est moins espacée (tous les 5km) et le gel est bienvenu. Le ravito en eau au K30 pour faciliter l’assimilation et c’est reparti…..pendant 5km.
Au passage du K31, je croise à nouveau Pascale et Laurent. Mon visage est fermé. La course commence à cet instant.
Je me focalise encore plus sur le haut du corps afin d’essayer de soulager mes jambes. Les premiers signes de crampes apparaissent. Je m’aide du #lightfeetrunning. Un travail encore plus actif des bras; et les mains que je m’efforce de positionner pas trop haut (Sylvain, Jp 😉 ).
De même, la prépa doit faire la différence. On essaye de penser aux conseils de Marie (également). Je me donne de la confiance en me disant que physiquement j’ai fait ce qu’il fallait pendant 10 semaines (et même toute la saison): renfo musculaire, soins, hydratation.
A partir du KM35, c’est dur. Mais mon capital confiance est bon. J’essaye de m’hydrater dès que je peux.
Les kilomètres sont longs. J’attends avec impatience de voir au loin la porte de Brandebourg; signe que la fin est proche. Lorsque ce moment arrive, je puise dans mes dernières ressources pour filer à la ligne d’arrivée. Depuis le K35, la foule est dense. Et l’ambiance est incroyable. Les cris nous portent.
Je franchis la ligne avec un sentiment inattendu qui m’envahit. Les yeux qui brillent, je pense à celle qui partage ma vie. Une prépa marathon: c’est exigeant et contraignants. Je me suis accroché aux derniers kilos en pensant simplement à ces moments (la prépa) où , parfois, on fait ch*** son entourage. La moindre des choses est d’aller au bout de l’aventure.

Bilan de ce marathon de Berlin

Côté météo, il y a eu quelques averses. La température était bonne (13/14°C). J’ai eu des soucis avec le dossard qui s’est déchiré (au niveau des épingles); faute à la pluie. De nombreux coureurs ont vécu la même expérience. Du coup, j’ai plié le dossard que j’ai rangé.
Le marquage bleu est à suivre afin d’être au plus proche de la distance officielle. Je ne l’ai pas fait. Au final c’est 2 ou 3 minutes de perdu. Je reste convaincu qu’on atteint ses objectifs marathons en soignant la gestion de course. Les clés: gestion de course (sources d’énergie, hydratation, choix des vêtements et de l’emport) et l’expérience. Les échecs présents doivent nous amener à apporter les corrections pertinentes. Ce sont des paramètres qui n’ont rien à voir avec les capacités physiques intrinsèques du coureur. Certes, certains ont des qualités physiques remarquables. Mais le marathon est une discipline exigeante qui demande une réelle préparation physique, mentale, et intellectuelle.

Je n’ai pas vraiment profité des lieux traversés. Par contre, je me souviens de cette ambiance populaire. La foule nous stimule sans cesse.
Nos accompagnateurs se sont mis aux K11/K31. Pourquoi à cet endroit? Les temps de passage (live tracking) au K10 et K30 (entre autre) leur indiquaient notre approche (plus facile de se voir). Laurent a pris des photos.

Lors de ce marathon de Berlin, j’en ai profité pour essayer d’avoir un rôle actif et en toute conscience du haut du corps. Je me suis concentré sur les bras, le bassin, et la ligne d’épaule.
Clin d’oeil au batteur (vers le K35) qui donnait le rythme à 180bpm (ou pas très loin). La percussion envahissait les coureurs. Quelle puissance. J’imagine que peu en avait conscience. Ma foulée était bien calée sur ce tempo.
J’ai donc couru ce marathon en me focalisant sur le haut du corps.

Quelques records sont tombés au sein du groupe. Je sais que Marie est vraiment contente pour nous. Elle a mis ses compétences à notre service. C’est tellement gratifiant pour un coach de voir que ses recommandations fonctionnent. Tous les coureurs ont pu se présenter sur la ligne d’arrivée. Et c’est déjà une première victoire.
Deux coureurs déçus. L’un a su rapidement relativiser (car il bat malgré tout son record; il l’explose même). Pour le second: c’est un coureur qui a les jambes pour atteindre son objectif marathon; j’en suis convaincu. Il doit « simplement » trouver la solution à sa défaillance. A lui d’explorer les pistes; s’il en a l’envie.
Un marathon est aussi une expérience sur soi-même. On apprend à se connaitre, à voir ses limites.
Je n’ai pas de qualité physique. J’atteins mes objectifs au prix d’un volume de travail important; tout en y allant crescendo. Ma force réside sur cette faculté à travailler et à faire preuve d’abnégation; tout en faisant attention à bien respecter la machine.
Écouter les expériences des autres puis essayer de faire une synthèse que je peux adapter à mon cas me permet de progresser 🙂 .
Le chemin de l’apprentissage est immense.

Je tiens à remercier Marie (coach), Rahma et Laurent (logistique), ainsi que Pascale (kiné) pour leur aide.
Je n’avais plus qu’à vivre l’expérience running à fond sans me soucier du reste.
Et merci au groupe pour ces moments agréables.

Berlin

En dehors de la course, je m’attendais à voir une ville plus vivante. Il y avait peu de monde dans les rues et le métro. Les berlinois fuient peut être ce week-end.
Au niveau architectural, j’ai été moins impressionné qu’Amsterdam. Berlin voit des buildings modernes poussés de partout.

Historiquement parlant, nous avons bien entendu visité les lieux qui racontent le passé nazi jusqu’à l’époque de la guerre froide. Connaitre l’histoire et être en face de certaines traces du passé donnent quelques frissons.


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